Kosovo – KFOR

KOSOVO

KFOR (Depuis 1999)

Historique

Le Kosovo, province située au sud de la Serbie et peuplée majoritairement de Kosovars Albanais jouissait d’une relative autonomie pendant le règne de Tito. La fin de celui-ci a cependant libéré les tensions indépendantistes qui ont conduit à la violente désintégration de la Yougoslavie. La résolution de ces conflits en 1995 a cependant laissé de côté le cas du Kosovo dont l’autonomie a été fortement ébréchée par le président serbe Slobodan Milosevic, sur fond de discours nationaliste. Un conflit ouvert éclate en 1998, opposant l’armée serbe à l’Armée de Libération du Kosovo (UÇK en albanais), une milice indépendantiste kosovare, entraînant la mort de 1500 Albanais Kosovars et le déplacement de 300000 personnes. L’enjeu de ce conflit est le statut de la province dans la Fédération et l’intégrité territoriale de la Fédération.

Face au risque d’escalade et de régionalisation du conflit, la communauté internationale décide de se saisir du dossier. Tandis que le Groupe de Contact qui a géré les précédents conflits yougoslaves de 1992 à 1995, ainsi que l’OSCE tentent une médiation politique, l’OTAN se montre particulièrement active dans la gestion militaire du conflit. Le 28 mai 1998, le Conseil de l’Atlantique Nord, réuni au niveau des Ministres des Affaires étrangères détermine ainsi les objectifs de l’OTAN au Kosovo : aider à la résolution pacifique de la crise, et promouvoir la stabilité et la sécurité des pays voisins, en particulier l’Albanie et l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine. Le 12 juin 1998, réuni au niveau des Ministres de la Défense, le Conseil de l’Atlantique Nord décide d’entamer une évaluation des options militaires possibles. Fidèle à sa gestion des conflits yougoslaves et réticente à l’envoi de troupes sur le terrain, l’organisation favorise une stratégie reposant sur les menaces de frappes aériennes, en soutien aux initiatives diplomatiques. Cette stratégie sera notamment mise en œuvre en octobre 1998 jusqu’à la conclusion d’un accord avec le Président Milosevic prévoyant le retrait des troupes serbes du Kosovo.

Sur la base de cet accord, la résolution 1160 du Conseil de Sécurité de l’ONU impose une limite au nombre et aux opérations des troupes serbes au Kosovo. La résolution 1203 complète la précédente et établit d’une part la Mission de Vérification au Kosovo menée par l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) sur le terrain, et d’autre part, une mission de surveillance aérienne de l’OTAN. Cette mobilisation ne parvient pas à résoudre le conflit et la situation se détériore en 1999 dans une spirale de provocations et de représailles de part et d’autre.

Le Groupe de Contact intensifie ses efforts de résolution pacifique du conflit. Des négociations s’ouvrent à Rambouillet, près de Paris, du 6 au 23 février, puis du 15 au 18 mars. Leur échec aboutit d’une part au retrait de la Mission de Vérification au Kosovo et d’autre part au déploiement massif de troupes serbes au Kosovo. L’OTAN, considérant ce nouveau déploiement comme une contravention à l’accord qui avait ouvert la voie à la résolution 1160 débute ses frappes aériennes (Operation Allied Force) le 23 mars 1999. Ces frappes qui durent plus de 70 jours semblent mener à une impasse jusqu’à la conclusion d’un accord entre la République Fédérative de Yougoslavie et les envoyés spéciaux de l’Union européenne, le Président finlandais Martti Ahtisaari, et de la Russie, l’ancien Premier Ministre Viktor Tchernomyrdine, le 3 juin 1999. Cet accord ouvre la voie au retrait des troupes serbes et à la signature d’un accord militaro-technique avec l’OTAN le 9 juin 1999.

Le 10 juin 1999, le Conseil de Sécurité adopte la résolution 1244 demandant l’arrêt immédiat de la violence, le retrait des forces serbes, sans toutefois résoudre la question cruciale du statut du Kosovo. Cette résolution décide l’envoi d’une force de sécurité internationale ainsi que d’une mission civile d’administration intérimaire du Kosovo. La première sera assumée par l’OTAN (KFOR), la seconde par l’ONU (MINUK).


Mandat

Selon les termes de la résolution 1244, la KFOR a pour mandat de :

-                           Prévenir la reprise des hostilités, maintenir le cessez-le-feu et l’imposer s’il y a lieu, et assurer le retrait des forces militaires, policières et paramilitaires fédérales et de la République se trouvant au Kosovo et les empêcher d’y revenir.

-                           Démilitariser l’Armée de libération du Kosovo (ALK) et les autres groupes armés d’Albanais du Kosovo.

-                           Établir un environnement sûr pour que les réfugiés et les personnes déplacées puissent rentrer chez eux, que la présence internationale civile puisse opérer, qu’une administration intérimaire puisse être établie, et que l’aide humanitaire puisse être acheminée.

-                           Assurer le maintien de l’ordre et la sécurité publics jusqu’à ce que la présence internationale civile puisse s’en charger.

-                           Superviser le déminage jusqu’à ce que la présence internationale civile puisse, le cas échéant, s’en charger.

-                           Appuyer le travail de la présence internationale civile selon qu’il conviendra et assurer une coordination étroite avec ce travail.

-                           Exercer les fonctions requises en matière de surveillance des frontières.

-                           Assurer la protection et la liberté de circulation pour elle-même, pour la présence internationale civile et pour les autres organisations internationales.

1350 militaires français sont actuellement présents au Kosovo.

8 militaires français sont mort pour la Paix et pour la France au Kosovo depuis 1999.