Bosnie-Herzégovine – FORPRONU – IFOR – SFOR – EUFOR

BOSNIE-HERZEGOVINE

FORPRONU (Juin 1992 – Décembre 1995)

IFOR (Décembre 1995 – Décembre 1996)

SFOR (Décembre 1996 – Décembre 2004)

EUFOR (Décembre 2004 – Mai 2009)

 

FORPRONU.

L’engagement militaire français en Bosnie se concrétise à Sarajevo dès l’été 1992, dans le cadre de la FORPRONU, par le déploiement d’un bataillon d’infanterie et d’une compagnie d’aérodrome. L’armée de l’air, qui gère les aéroports de Sarajevo (dès 1992 et jusqu’au printemps 2003) et de Mostar (de décembre 1995 à 2005), assure le flux aérien logistique. Elle achemine ainsi l’aide humanitaire vers Sarajevo et les poches ethniques enclavées, et soutient, en perma­nence, les contingents français déployés sur le théâtre.

Rapidement, ces derniers se renforcent avec la mise en place de trois autres bataillons d’infanterie (dont un dans la poche de Bihac de 1992 à 1994), d’un bataillon du génie à Kakanj, d’un détachement de l’ALAT à Ploce en Croatie, et enfin d’un bataillon de soutien logistique à Mostar.

Parallèlement, à partir d’avril 1993, l’OTAN met en place deux dispositifs auxquels participent les forces françaises engagées dans l’opération Balbuzard :

  •  Deny Flight (Crécerelle), opération d’interdiction et de surveillance aérienne qui génèrera plus de 13 000 sorties de surveillance, d’interdiction ou d’appui aérien rapproché pour les avions de combat français, déployés en Italie ou embarqués sur les porte-avions, et soutenus par des ravitailleurs, AWACS et aéronefs de guerre électronique opérant depuis la France.
  • Sharp Guard dans les mers Ionienne et Adriatique, dispositif naval commun avec l’UE mis en œuvre pour appliquer la résolution 713 du conseil de sécurité des Nations Unies qui mobilisera une frégate et des aéronefs de patrouille maritime français pendant plus d’un an.

La dégradation de la situation en mai 1995 (Pise en otage des casques bleu par les serbes de Bosnie) conduit la France à participer à la campagne aérienne et au déploiement supplémentaire sur le terrain de 2.000 hommes appartenant à la Force de Réaction Rapide indépendante de la FORPRONU.

L’IFOR et la SFOR, l’OTAN sur le terrain.

Suite aux accords de Dayton, ces forces se transforment et donnent naissance en décembre 1995 à l’Implementation Force (IFOR) de l’OTAN. La France y contribue à hauteur de 3 000 hommes, comme nation-cadre de la Division Multinationale Sud-Est centrée sur Mostar, rôle qu’elle conserve après la transformation de l’IFOR en SFOR (Stabilization Force) le 20 décembre 1996. Par ailleurs, jusqu’à 100 gendarmes ont participé à la MINUBH depuis 1995 (43 dans le cadre de l’EUPM depuis le 1er janvier 2003).

Les effectifs français, qui ont représenté plus de 6 900 hommes en 1995, sont ramenés à 1 500 à la fin de l’année 2002 avec la restructuration de la DMNSE en brigade multinationale.

En juin 2004,  pour tenir compte de l’évolution positive de la situation sécuritaire, la SFOR poursuit son désengagement et réduit ses effectifs à 8 000 hommes. Les brigades sont remplacées par des Task Forces disposant d’une capacité limitée de dissuasion et d’un dispositif de vigilance opérationnelle. Le dispositif français est réduit à 450 hommes essentiellement au sein des unités de vigilance opérationnelle de la Task Force Sud-Est, centrée à Mostar.

L’EUFOR, opération de l’Union européenne en Bosnie.

Le 2 décembre 2004 a marqué la création de l’opération de l’Union Européenne, Althéa, et la fin de l’existence de la « Stabilization Force  » en Bosnie Herzégovine (SFOR), déployée en vertu de l’annexe 11 des accords de Dayton-Paris (1995). La participation française de cette opération prend le nom d’Astrée et représente un effectif de 450 militaires. Dans la continuité de la SFOR, l’Union Européenne conduit l’opération Althéa. Cette opération se compose d’environ 7000 militaires sur le théâtre, répartis entre un état-major et trois « Task Forces ».

L’Union européenne a pour mission d’accompagner la construction politique et économique et de fournir un appui à la sécurité.

Des moyens de planification, en liaison avec le commandement air de l’OTAN et six pays membres de l’UE, sont dédiés à Althéa. Des contingents allemands, italiens et britanniques sont affectés à la réserve opérationnelle à partir de leur territoire. Les moyens de surveillance aérienne de l’OTAN sont également à disposition de la Force. Enfin, le système de transmission reste celui de l’OTAN.

A partir de février 2007, en raison de l’amélioration des conditions de sécurité en Bosnie-Herzégovine, l’Union Européenne décide d’alléger le dispositif. Les effectifs de l’opération Althéa passent alors à 500 hommes, dont 150 français.

La stabilité retrouvée de la Bosnie-Herzégovine amène une évolution de l’opération vers une action exclusive de formation des forces Bosniaques. Le 25 mai 2009, après 17 années de présence, le dernier détachement français est dissout sur le camp de Butmir, dans la banlieue de Sarajevo, mettant ainsi fin à une présence française qui fut déterminante dans les heures les plus critique de la guerre.

90 militaires français sont morts pour la Paix et pour la France en Bosnie-Herzégovine entre juin 1992 et mai 2009.

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