À Toulouse, la grande parade des parachutistes

XVM48894f22-0bef-11e8-9bc2-6afb2a70ff2cUn millier de militaires et une vingtaine d’avions sont engagés cette semaine dans un exercice majeur – nom de code ACINONYX- mené par la 11e Brigade parachutiste dans la région de Tarbes-Lourdes.

Un millier de militaires, la plupart des «bérets rouges» de la 11e Brigade parachutiste (11e BP), sont engagés cette semaine dans leur plus important exercice annuel. Objectif: s’entraîner, dans des conditions proches de la réalité, à la projection d’une force de réaction rapide de troupes aéroportées depuis un centre de commandement situé sur le site de Toulouse-Francazal. Nom de code de l’exercice: ACINONYX, nom latin du guépard.

Une référence explicite à l’«alerte Guépard», un dispositif d’urgence sans équivalent en Europe qui permet à la France d’envoyer, sous très court préavis, une force de 5 000 hommes, partout dans le monde. La 11e BP, en alerte permanente, est capable de projeter en moins de 48h un groupement aéroporté de 800 hommes. C’est le «harpon» de l’échelon national d’urgence qui compte au total 5 000 militaires. Depuis 2015, «Guépard» a été engagé à sept reprises, quatre fois sur le territoire national, notamment après les attentats terroristes, et trois fois en Afrique, en RCA, au Gabon et en Côte d’Ivoire.

Combattre un ennemi «asymétrique»

Pour ACINONYX qui se déroulera sur le terrain entre Tarbes et Lourdes de ce mercredi et jusqu’au 14 février, les «paras» de la 11e BP auront pour mission de saisir et de sécuriser des zones sur lesquelles ils auront été largués puis auront à reconnaître et à détruire une série d’objectifs. Ils auront successivement à combattre un ennemi «asymétrique», type guérilla, mais aussi une armée adverse conventionnelle.

Durant leur progression, ils seront confrontés à différentes situations tactiques telles qu’ils les rencontrent sur les théâtres d’opérations: embuscades, engins explosifs, zone minée, attaques chimiques, gestion de blessés et de prisonniers de guerre… «Cet exercice vise à démontrer l’intérêt de l’outil, à persuader de sa complexité qui est celle d’une mécanique d’horlogerie de grande précision», explique le général Patrick Collet qui commande la 11e BP.

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L’armée de l’air a logiquement été mise à contribution pour l’opération aéroportée ACINONYX avec une demi-douzaine d’avions de transport: un C160, un C130 H, deux Casa et un A400 M. Par ailleurs, douze avions de chasse «joueront» le rôle d’agresseurs et participeront à la protection de la force amie. D’autres éléments sont également impliqués dans la manœuvre, issus du 5e régiment d’hélicoptère de combat de Pau, du 2e régiment de dragons (spécialisé dans la lutte contre la menace chimique et bactériologique), du 132e bataillon cynophile de l’armée de terre et du 511e régiment du train.

Participation d’unités américaines

Interallié, l’exercice ACINONYX sera également marqué par la participation d’unités américaines de la 173e brigade aéroportée (173rd Airborne Brigade Combat Team), basée à Vicence, dans le nord de l’Italie. Deux avions C 130 J américains du 37th Airlift Squadron contribueront au largage de personnel et de matériel. La coopération avec les Américains ne doit rien au hasard: seuls les États-Unis et la France disposent d’une capacité de projection aéroportée massive: 8 500 hommes pour la 11e BP ; 19.000 hommes pour la 82e Airborne Division américaine – qui s’est notamment illustrée lors du Débarquement de Normandie.

Selon le général Collet, «poursuivre dans la voie du maintien de la capacité aéroportée est exigeant». «C’est indispensable, ajoute-t-il, pour un pays qui ambitionne de peser dans les affaires du monde, en particulier dans sa zone d’intérêt immédiat».

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